«Celui qui fait tout le parcours connaitra mieux la ville que beaucoup de Biennois.» Matthias Grütter, Concepteur du Stadt Parcours Bienne. Image: Peter Samuel Jaggi


Revue de presse

image-10525895-Migros_Magazine_fr-aab32.jpg?1590911836255
28.05.2020    Édition n° 23/2020

Bienne, la bâtisseuse

Flâner dans les différents quartiers de la capitale mondiale de l’horlogerie permet de s’offrir un joli condensé d’histoire de l’architecture – allant de la Renaissance à la période contemporaine en passant par l’Art déco et le style Bauhaus.

Texte Pierre Wuthrich

1. Une cité médiévale bien vivante

Petite, mais ô combien charmante, la vieille ville de Bienne mérite une attention toute par­­ticulière. Relativement caché et à l’écart des flux, le vieux bourg a longtemps été l’oublié d’une ­urbanisation galopante et est par conséquent magnifiquement ­préservé. Ainsi, il est encore possible par endroits d’observer le parcellaire médiéval, que l’on reconnaît aux maisons hautes et très étroites. C’est par exemple le cas sur la très harmonieuse place du Ring, où les maisons à encorbellement datant du tout début du XVIIe siècle rivalisent d’élégance. Ancienne place des corporations, elle abrite aujourd’hui un artisan horloger, un chocolatier ou un fleuriste indépendants. Mais aucune chaîne ­internationale. Car ici, le caractère local prédomine encore, malgré une légère boboïsation du quartier, qui se ­traduit par des ravalements de façades réussis, mais aussi par des hausses de loyers.

À deux pas, l’ancien hôtel de la Couronne est un bel exemple d’architecture Renaissance. Construit en partie avec la pierre jaune d’Hauterive, un matériau luxueux, il impressionne encore par ses dimensions. De là, il vaut la peine de flâner dans les ruelles pavées de la vieille ville et d’observer les fontaines du XVIe siècle aux fûts richement colorés, d’admirer les arbres remarquables du parvis du Temple allemand et enfin de s’attar­der à l’une des nombreuses terras­ses, comme celle du restaurant coopératif Saint-Gervais donnant sur une charmante petite place. Datant de 1577, le bâtiment appartenait autrefois à l’abbaye de Bellelay.

Encore une chose: on évitera de visiter la vieille ville les lundis, la plupart des cafés et magasins étant fermés. Quand le coronavirus ne rôde pas, la cité est au comble de l’animation le premier vendredi de chaque mois. Durant ces «First Fridays», le quartier accueille concerts et spectacles jusque tard dans la nuit.

2. Là où bourgeois et ouvriers se font face

Quittons la vieille ville pour découvrir la cité plus récente. L’euphorie des Trente Glorieuses a, comme c’est souvent le cas en Suisse, eu raison des constructions du XIXe siècle. Heureusement, il en reste, entre deux verrues architecturales, quelques beaux exemples dans la rue de ­Nidau, mais surtout le long du quai du Bas. Ici, médecins et notaires se sont installés dans des ­demeures richement décorées donnant sur la Suze. Bordé d’arbres, le canal est aussi un ­plaisant but de promenade.

Malgré ce quartier bien conservé, c’est avec son architecture du XXe siècle que la ville brille loin à la ronde. Place du Général-Guisan, deux mondes se font par exemple face. D’un côté, l’hôtel Élite en pierre jaune d’Hauterive et à la façade Art déco accueillait dès son inauguration en 1930 les patrons des manufactures hor­logères et leurs invités. Juste en face et datant de la même époque, la Maison du Peuple en brique rouge rappelle le caractère ouvrier de la cité tout en rendant hommage au style Bauhaus. L’un et l’autre bâtiment a gardé les mêmes fonctions initiales, même si les chambres de l’hôtel ont perdu leur substance d’origine. Ainsi, la rotonde de la Maison du Peuple est toujours une brasserie réputée et la grande salle à l’arrière séduit par la sobriété de ses lignes.

Non loin de là, on n’hésitera pas à reprendre des forces au café Odéon, un ravissant établissement de 1930 aux banquettes ­recouvertes de velours rouge et aux tapisseries florales d’époque. Puis vient le clou de l’architecture du XXe siècle: le Palais des Congrès. Construit dans les ­années 1960 par l’architecte biennois Max Schlup, cet ensemble moderniste est reconnaissable entre mille par sa vague de béton accueillant des salles de conférences ainsi que sa haute tour évoquant Brasília et dans laquelle travaille l’administration de la ville. Pour admirer le bâtiment de l’intérieur, une seule solution pour le quidam: se déshabiller et faire quelques longueurs dans la ­piscine couverte du complexe. Si possible sur le dos, histoire de mieux contempler l’espace et le plafond.

3. Entre minéral et végétal

Bienne a fait son grand saut dans l’architecture contemporaine avec le nouveau campus du groupe Swatch, livré en 2019. Se composant d’une sorte de serpent à grandes écailles blanches prenant de la hauteur pour venir chapeauter un bâtiment de verre posé sur des arches de ­béton, l’ensemble est signé Shigeru Ban, lauréat du prestigieux Pritzker Prize, le ­Nobel de l’architecture.

Entre les bureaux Swatch et la manufacture Omega – tous deux fermés au public –, la Cité du Temps est la seule partie du campus accueillant des visiteurs. Au premier étage, le Musée Omega retrace l’histoire de la marque à travers différents modèles et affiches publicitaires. Au ­deuxième étage, voici le monde coloré de Planet Swatch, qui présente plusieurs ­milliers de modèles dont la première collection. Ici aussi, le visiteur joue un rôle actif et est invité à pédaler sur un vélo pour faire défiler les montres ou à créer sa propre Swatch, qu’il recevra ensuite par la poste dans les deux ou trois jours. Qui ne veut pas attendre si longtemps pourra tester à l’extérieur le premier drive-in du monde permettant d’acheter des montres…

19.05.2020
Bienne: Bauhaus, gastronomie et nature

Blog de Morgane Schaller

Ahh je l’attendais cette collaboration ! J’avais depuis longtemps l’espoir secret de vous faire découvrir ma Bienne chérie. Celle dans laquelle j’ai étudié (école de commerce de la Rue des Alpes, de 2015 à 2018) et travaillé (stages et premier job dans l’horlogerie). Largement sous-estimée par nous, romands, la capitale du Seeland a de nombreuses cordes à son arc. Un exemple de son dynamisme ? Bienne propose tout au long de l’année des événements culturels à résonance nationale, voire même internationale. Pour n’en citer que deux: le festival du film français d’Helvétie a lieu chaque année en septembre. Les journées photographiques de Bienne, quant à elles, rassemblent artistes & amateurs d’art durant trois semaines au mois de mai.


Bienne Bauhaus


Matthias nous attend dans le hall de l’hôtel Elite. Il nous prévient: il a loué des vélos. Parfait, nous visiterons donc la Bienne Bauhaus sur un deux roues. Avant de partir, il nous explique rapidement le concept de parcours qu’il a lancé il y a quelques années: chasse aux trésor, Bienne de nuit, jeu de piste. L’offre est vaste et accessible à tout le monde. Pour célébrer les 100 ans du Bauhaus, il propose depuis cette année l’ArchitecTour, qui a pour but de faire découvrir des bâtiments emblématiques de ce mouvement.

Mais pourquoi le Bauhaus est-il si présent à Bienne? En 1921, Guido Müller, maire socio-démocrate, décide de moderniser le centre de la ville. Fortement influencé par ce nouveau mouvement, il choisit de construire le secteur de la gare, déplacée à son emplacement actuel en 1923, en suivant à la lettre les principes du Bauhaus. Pas d’ornements superflus, fonctionnalité, matériaux neutres, minimalisme, la Bahnhofstrasse de Bienne est un exemple unique de cette école résolument design. Il suffit de lever les yeux pour apprécier la beauté et la simplicité de cette architecture.

Des bâtiments et des histoires

Nous nous arrêtons devant de nombreux bâtiments, que je connaissais déjà, mais dont j’ignorais l’histoire. Ce parcours me permet

image-10509188-Morgane_Schaller2-c51ce.w640.png

Morgane Schaller, cabinet de curiosités

d’avoir un autre regard sur la ville. Je contemple la façade bleue de la “Jurahaus”, repeinte à l’identique de sa couleur initiale. Je photographie les formes généreuses et arrondies de l’ancien arrêt de tram de la Place du Jura. Même la cage d’escalier de la bibliothèque municipale est photogénique !

Nous déposons nos vélos pour mieux regarder le Palais des Congrès. Une verrue pour certains, une prouesse architecturale pour Matthias qui nous raconte son histoire avec beaucoup de passion. Max Schlup, le concepteur, voulait allier horizontal et vertical, et surtout héberger sous un même toit corps et esprit. Le Palais des Congrès fut inauguré en 1966 après 5 ans de travaux, et abrite encore aujourd’hui piscine municipale, bureaux de la ville et salle de spectacle.

image-9585188-Logo.jpg?1591197494346
27.05.2020
Après le Bauhaus, Matthias fait son cinéma

Bienne   En dépit de la pandémie, un nouveau jeu de piste a été imaginé par Matthias Grütter, désireux de faire découvrir une ville dont il raffole.
TEXTE ET PHOTO Vincent Donzé

Guide autoproclamé, avec son chapeau de paille et sa bécane noire, Matthias «Dadais» Grütter a fait de Bienne son terrain de jeu, sans soutien d'aucune sorte. Il a commencé par son «Parcours Biel-Bienne», entièrement dédié au Bauhaus. Initiative couronnée de succès.

Son parcours jalonné d'énigmes a trouvé son public, à 19 francs par participant, pour trois heures de promenade guidée. «Le succès a dépassé mes espérances», rapporte Matthias. Les jeux de piste sont déclinables, si bien que l'idée d'une seconde chasse aux trésors s'est concrétisée sur le thème du cinéma, très présent à Bienne.

Au Brésil

Dans son nouveau jeu de pistes, les titres de film peuvent coller à des noms de restaurant, à l'image du «China Town», dont le patron n'a pas compris la démarche. Au restaurant «Brésil», au contraire, les patronnes Victoria et Jessica Maurer ont joué le jeu, en acceptant dans leur plafond des figurines de Brad Pitt et Bruce Willis.

Déjà promue par les offices touristiques, la vieille-ville n'a pas été incluse dans le jeu de piste, au profit d'un quartier moins connu. Le questionnaire n'est pas aisé et l'emploi du smartphone est prohibé.

image-10532423-Le_Matin_CineTrail-c20ad.w640.png
Matthias «Dadais» Grütter fait corps avec les stars de cinéma.

«Cine Trail»

Le «Cine Trail Bienne» devait s'achever à l'«Atomic Café», avec les réponses aux énigmes. Las! Ce petit établissement n'a pas rouvert après le confinement...

Problème supplémentaire: la Covid-19 a réduit la voilure: pas de plus de cinq participants à la fois! Qu'importe, le guide improvisé n'a qu'un but avec son jeu de piste: faire visiter une ville dont il raffole

image-9585599-Journal_du_Jura.jpg
23.03.2020
Aventure cinématographique

Bienne   Découvrir la cité seelandaise sous un angle ludique, c'est le but du CineTrail. Ce parcours dédié au septième art est une nouvelle offre proposée par Matthias Grütter, à découvrir depuis samedi.

TEXTE ET PHOTOS MIA DEMMLER
D’origine soleuroise, Matthias Grütter a eu le coup de foudre pour la ville bilingue pendant ses études. Les différents parcours, chasse au trésor ou ArchitecTour qu’il a créés forment sa déclaration d’amour à une région, de son point de vue, trop souvent mal vue.

«L’envie de monter ces tours m’est venue lors d’un repas de famille. Tout le monde me demandait ce que je faisais encore à Bienne alors que j’aurais pu vivre n’importe où. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de prouver que la cité seelandaise est beaucoup plus qu’un endroit dangereux et sale», dévoile Matthias Grütter. Sa toute nouvelle création, le CineTrail, traverse le centre-ville en 24 étapes. Le trajet s’effectue individuellement, à l’aide d’une brochure truffée d’informations. Des indices et des figurines, qui mènent à une question liée au cinéma, sont dissimulés à chaque halte.

La ville sous un autre angle
Parmi les questions: «Qui a composé les musiques des films de Fellini?» ou encore «Qui est le réalisateur de ‹Shining›?» A chaque bonne réponse, le promeneur-cinéphile récolte des lettres. Le but est d’obtenir le nom d’une star et une célèbre citation à la fin de l’itinéraire. «Le CineTrail propose un trajet ludique à travers la ville. Ce n’est pas une visite guidée traditionnelle où je présente chaque endroit. Les participants découvrent par eux-mêmes la ville grâce à la brochure que je leur donne au départ. Mon objectif était que le parcours ne soit pas uniquement réservé aux véritables cinéphiles, c’est pour ça que les films sélectionnés sont des classiques connus par le grand public.»

Je voulais que toutes les époques
et surtout tous les sexes
soient représentés”
MATTHIAS GRÜTTER
CRÉATEUR DU CINETRAIL

image-10301396-CT_Caffè_Spettacolo-c9f0f.w640.jpg
Le parcours permet de redécouvrir des grands classiques du cinéma.

image-10350302-Foto_JdJ_CineTrail-c9f0f.w640.png
Matthias Grütter, ici déguisé en J.J. Gittes, interpreté par Jack Nicholson dans Chinatown, son film préféré, est à l'origine du CineTrail

Selon Matthias Grütter, le CineTrail est l’activité parfaite à faire en famille un samedi après-midi. Mais comment l’idée de ce circuit a-t-elle germé dans son esprit? «Un jour, en sortant de la gare de Bienne, j’ai levé les yeux en direction de la rue de la Gare et je me suis aperçu que différents panneaux sont accrochés sur les bâtiments. L’un d’entre eux est une publicité pour la marque Citizen, ce qui m’a immédiatement rappelé le film ‹Citizen Kane›. À partir de ce moment, j’ai commencé à faire plus attention à ce genre de détails quand je me baladais en ville. Par exemple, saviez vous que nous avons notre propre Walk of Fame à Bienne? Oui, au bout de la rue Dufour se trouve une étoile consacrée à Ingrid Bergman!», déclare le guide indépendant. Selon lui, Bienne est la ville parfaite pour accueillir un parcours cinématographique. «Entre le FFFH, le Filmpodium, la guilde biennoise du film, la Lanterne Magique pour les plus petits et le Cinedolcevita pour les seniors, la ville bilingue regorge d’offres liées au cinéma. Je me suis donc dit que les Biennois devaient avoir un certain intérêt pour le septième art.»

Sécurité garantie
Matthias Grütter est lui-même un grand cinéphile, il dit apprécier les films d’auteur tout particulièrement, mais il a essayé de faire en sorte que ses goûts n’influencent pas trop les films mentionnés par le quiz. «J’ai tâché de mettre un maximum de diversité dans les longs-métrages et les acteurs que j’ai choisis. Je voulais que toutes les époques et surtout tous les sexes soient représentés dans ma brochure», explique-t-il. Il tient aussi à préciser que le Coronavirus ne doit pas retenir les gens de tenter le CineTrail. «Le parcours respecte toutes les mesures prises par la Confédération, puis qu’il peut s’effectuer individuellement et à l’air libre. Si les promeneurs ne sont pas des personnes dans un groupe à risque, je pense que faire un petit tour peut même aider à se changer les esprits durant ces jours sombres.»

L’itinéraire entier du CineTrail dure environ deux heures. Pour ceux qui voudraient répondre à toutes les questions, il vaut mieux réviser ses classiques avant de se lancer dans l’aventure.

Et maintenant, à votre tour: moteur,ça tourne!
image-9585188-Logo.jpg
Images: Le Matin/Sébastien Anex

22.03.2019
Prêt pour un petit tour architectural à Bienne?
Matthias Grütter a mis en place divers parcours au travers de la ville de Bienne.

Par Vincent Donzé

La Coupole en miniature: haut-lieu alternatif depuis un demi-siècle, le dôme du Centre autonome de jeunesse possède une réplique miniature à la vieille-ville, à l'enseigne du designer Felix Mosimann, créateur d'objets de lumière à la place du Ring 13.

Au Bar Hasard de la rue de la Gare, café de style italien aménagé en 1993 par le constructeur métallique Jean-Marc Cuanillon dans une ancienne mercerie de 19 m2, ce qui l'a fait percevoir un temps comme le plus petit bar de Suisse.

Place Centrale, entre le M et le P de l'enseigne Campari, dont la lumière ne fonctionne plus et dont le R a été remplacé après avoir menacé de tomber, ce qui a nécessité l'intervention des pompiers, suite à quoi la lettre déposée dans le corridor de l'immeuble a été dérobée.

Entre ses doigts, sur la tour du Palais des Congrès construit en 1966 par l'architecte Max Schlup sur le modèle du siège des Nations Unies à New York, on distingue deux portes borgnes reliées par un escalier, sculpture en acier et en aluminium réalisée en 2009 par le duo d'artistes Lang & Baumann.

Dans la cour intérieure de la Maison Farel, autre réalisation de l'architecte Max Schlup, cette fois pour la paroisse réformée, avec une préférence pour le béton, l'acier, le verre et... l'eau, dans un bassin qui reflète bien l'esprit du temps, en 1959.

En route vers la Maison du Peuple et sa Rotonde, une maison en béton armé revêtu de briques rouges qui symbolise la ville ouvrière,

mais qui abrite désormais le conservatoire de musique, loin des préoccupations syndicales de 1932 et de la faillite de leur coopérative en 1975.

Méditation devant le boa organique en construction pour la marque horlogère Swatch, présenté comme un dragon par l'architecte japonais Shigeru Ban, lequel a travaillé à la rue Jakob-Stämpfli pour Omega avec une sensibilité écologique et l'emploi du bois.

Un abribus appelé champignon, à la place du Jura, avec les courbes chères en 1933 à l'architecte Ernst Berger, avec une cabine téléphonique recyclée en bibliothèque gratuite où chacun peur amener ou emporter un livre en français, en allemand ou dans la langue de son choix.

Ton sur ton, devant la ‹Jurahaus› qui a retrouvé en 2015 son bleu original de 1930, de manière à respecter l'héritage culturel plutôt qu'à correspondre aux goûts du jour, dans une ville qui s'est distinguée en ordonnant au propriétaire d'une maison peinte en orange de changer de ton...

Matthias Grütter travers la rue de la Gare, illustration magistrale du style Bauhaus, avec des appartements aux volumes généreux derrière des façades modestes et au rez-de-chaussée, des commerces qui respectent l'arrondi des vitrines en les mettant en valeur et d'autres pas.

Le Bauhaus est une école d'art, de design et d'architecture née en Allemagne qui célèbre cette année son centenaire et dont l'influence est encore grande, basée sur un manifeste fondateur à la croisée de dadaïsme, de l'expressionnisme, du constructivisme et de l'abstraction géométrique.

image-9613847-TeleBielingue.png
14.04.2019
Info Flash
Sur les traces du Bauhaus. Ce style architectural, né il y a 100 ans, a la cote à Bienne.
Lien pour l'émission (0:00 à 3:20)   http://www.telebielingue.ch/fr/emissions/info/2019-04-14       

image-9585188-Logo.jpg
GÉNIAL   Il s'improvise guide et dit tout son amour pour Bienne
Guide autoproclamé, sans soutien d'aucune sorte, Matthias Grütter présente tout ce qui fait de Bienne une ville exceptionnelle. «Le Matin» l'a suivi de surprise en surprise.
Par Vincent Donzé, 24.03.2019

Avec sa bécane estampillée «Stadt Parcours Biel», Matthias «Dadaïs» Grütter (55 ans) est captivant. Il s'est pris en main et invente un jeu de pistes, sorte de chasse aux trésors pour vanter les mérites de sa ville. Avec un faible pour l'architecture en général et le Bauhaus en particulier.
Le déclic s'est produit l'an dernier, à l'occasion d'une fête à organiser pour une famille éparpillée: «On m'a dit le dégoût ressenti pour Bienne, ville de drogués, de criminels et d'assistés. J'ai eu envie de corriger le tir, loin des stéréotypes», explique Matthias Grütter.

Attraction touristique
Résultat: un parcours jalonné d'énigmes dans des coins connus et des recoins méconnus, avec en guise de fil rouge un code jaune à trois chiffres. «Ca m'a pris un temps fou», rapporte Matthias Grütter. Tant qu'à faire, il a soigné les détails pour en faire une attraction touristique à 19 francs par participant. Son «Stadt Parcours Biel» ne bénéficie d'aucun soutien, et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Et pourtant, quel

ambassadeur! Matthias Grütter ne fait rien d'autre que vanter le charme de Bienne, ville Bauhaus par excellence: «Par modestie, on n'en fait pas tout un plat, mais aucune autre ville ne possède un tel potentiel», assure-t-il.

À pied ou à vélo
En partant du parc municipal pour aboutir à la rive du lac, Matthias Grütter guide des familles, des groupes et des classes, à pied ou à vélo, dans 24 endroits qui valent le détour. N'étant pas architecte, Matthias Grütter s'est documenté en consultant des architectes, des propriétaires, des bibliothécaires et des archivistes. Un travail minutieux qui a débouché sur une brochure intitulée «ArchitecTour - Découvrez le modernisme de Bienne».

Qualité de vie
«J'aime Bienne et sa qualité de vie exceptionnelle, surtout en matière culturelle», martèle Matthias Grütter, qui a découvert l'architecture en pratiquant la photographie. Le 12 avril prochain, il fêtera officiellement le centenaire du Bauhaus, lui qui vit dans un immeuble construit avant 1919.

image-9585059-Biel_Bienne.png
3/4 Avril 2019
Personen · Gens d'ici
Matthias Grütter, 55 ans, revisite l'époque moderniste de Bienne. Ce Soleurois de naissance a fait ses classes à l'ancienne École cantonale d'administration et des transports de Bienne: «Elle m'a permis d'accéder à la Poste, puis chez Swisscom». Dans les années 90, il a rendu visite au «Mausoleum», le squat derrière l'actuel Bielerhof. De là, sa vue portait sur l'architecture Bauhaus de la Rotonde et de l'Elite. «Bienne recèle une grande concentration de bâtiments urbains des années 30», révèle ce guide indépendant. Et d'expliquer que le


repositionnement de la gare en 1923 a fait place à un projèt urbanistique issu de cette école d'art. Le Bauhaus est né le 12 avril 1919, soit il y a 100 ans exactement. Tout au long de cette année, Matthias Grütter propose, entre autres, des visites baptisées «ArchitecTour» jalonnées de constructions, inscriptions, sculptures et détails d'une époque «où la fonction et la couleur primaient sur l'esthétique extérieure». Départ tous les jours depuis la place de la gare, de 9 à 18 heures.
image-placeholder.png
Canal 3 est la station de radio locale bilingue de la région biennoise.

21.03.2019 Bauhaus à Bienne
A l'occasion des 100 ans du Bauhaus, Matthias Grütter nous emmène à la découverte des bâtiments biennois issu de ce courant architectural.

21.03.2019 Journal du matin
Découvrez Bienne à travers l'école architecturale Bauhaus! à 2:20



image-9585137-Journal_du_Jura.w640.jpg
27.08.2018
A la recherche de codes secrets au coeur de la ville
Bienne   Matthias Grütter a imaginé un parcours jalonné d'énigmes qui conduit les participants aux quatre coins de la ville. Une manière de découvrir certains aspects méconnus de la cité seelandaise.

Par Carmen Stalder / traduction Marcel Gasser

Cherche le code jaune à trois chiffres près du Pavillon.

Telle est la première mission du Stadt Parcours Bienne, un parcours à travers la ville imaginé par Matthias Grütter. La balade emmène les participants à la découverte de places connues et de coins plus cachés de la cité seelandaise. Le but est de découvrir des codes secrets et de répondre à des questions. Au passage, on apprend une foule de choses sur la ville. Le départ a lieu dans le Parc municipal, en présence de l'initiateur de ce quiz urbain, Matthias Grütter, 54 ans.
Sur place et en personne, il explique aux participants le fonctionnement de toute l'affaire. Le parcours est jalonné de 24 points répartis dans toute la ville. Il s'agit tantôt de découvrir des lettres jaunes, tantôt de parvenir à reconstituer un code à partir d'une plaque signalétique ou de l'année de construction qui figure gravée sur la façade d'un immeuble. Une fois le code trouvé, on cherche alors dans la brochure conque par Matthias Grütter la question correspondante du quiz. A chaque point, il s'agit ainsi de découvrir la position du point suivant.

Tout ça pour la famille
C'est la perspective d'une fête familiale qui a donné lui l'idée de ce parcours à travers la ville. Dans quelques semaines, toute sa famille, à savoir und cinquantaine de personnes provenant de toute la Suisse, prévoir de se réunir à Bienne. Il fallait donc trouver une activité pour divertir ces oncles, tantes, père et mère, grands-parents, neveux et autres cousins. Mission délicate, car certains ne lui ont pas caché leur réticence à venir à Bienne. „Oui, quelques membres de ma famille se font une mauvaise image de la ville“, explique-t-il. „Alors je me suis dit que j'allais la leur montrer sous la forme d'un jeu de pistes.“
Il s'est rapidement avéré que son projet lui donnerait plus à faire qu'il ne l'avait imaginé. Car Matthias Grütter ne s'est pas contenté de placer

des points sur une carte: Il a récolté une foule d'informations d'ordre historique, culturel, politique ou architectural relatives à tous les endroits sélectionnés.

Trois mois de travail
Tout ce qui touche à la vie des Bionnois lui a paru digne d'intérêt. „Cela m'a pris trois mois, car il a fallu faire des recherches dans les livres et sur internet. Souvent même j'ai dû parler avec les gens du coin et procéder par recoupement“, poursuit-il.

Au pied de la statue en fer se trouve une clé à molette, sur laquelle figure un nom. De quel nom s'âgit-il?

Parfois le parcours pose une question. Parfois les lettres jaunes sautent aux yeux, parfois la recherche dure un peu plus longtemps, mais le quiz ne plonge personne dans le désespoir. Même les enfants peuvent participer au parcours et y prendre du plaisir. Depuis ce printemps, plus de 40 amis de Matthias Grütter ont testé son parcours. „Je n'ai eu que des retours très positifs“, précise-t-il.

A pied ou à vélo
L'offre s'adresse aussi bien aux Biennois qu'aux visiteurs de l'extérieur. Sans parler des classes d'école. Le tour peut s'effectuer à pied ou à vélo.

Sur la partie gauche du port de petite batellerie, au bout du quai, tu trouveras ce que tu cherches.

Entre la ville et le lac, la balade de trois heures permet de découvrir les charmes de Bienne, „une ville qui offre une qualité de vie exceptionelle“. La tribu des Grütter se retrouvera donc bientôt au Pavillon avec, espérons-le, une meilleure image de la ville de Bienne.